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Expositions

"Bd Arago", créations numériques de Louise Merzeau (été-automne 2010)

jusqu’au 15 octobre 2010

Cette exposition d’images numériques a été réalisée à l’occasion de la rénovation de la faculté de théologie protestante de Paris. Elle a été vue par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, le jeudi 27 mai, jour de l’inauguration des nouveaux locaux et du Fonds Ricoeur.

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Le 83, Bd Arago
Une fois passé le porche d’entrée
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une collaboration IPT-P&I -Merzeau
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Des visiteurs attentifs

- Cliquer sur les images pour un agrandissement
- Une vidéo de l’exposition avec interview de l’artiste, réalisée par Brigitte Berlemont
- Consulter le site : www.merzeau.net
 ; en particulier la page sur laquelle se trouve la totalité des créations numériques de la série "Boulevard Arago"

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Louise Merzeau
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Au jour le jour
Photographies au quotidien, livre de L. Merzeau

Le "faire mémoire"

- D’un côté, un bâtiment ancien rénové, consacré aux débuts de l’enseignement universitaire protestant à Paris dans les années 1870, de l’autre des images numériques traitées au début du XXIe siècle. Dans l’écart entre ces deux époques se situe la création de Louise Merzeau. Deux lieux également, ou plutôt un lieu précis, situé, concret, matériel, et un non lieu, celui de l’extrême habilité produite par la codification mathématique des images numériques, qui quittent leur support original pour en investir d’autres.

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- Louise Merzeau travaille sur des contrastes forts, structurants, qu’elle exacerbe pour mieux en montrer la subtile complémentarité  : la mémoire des objets du passé et l’éphémère de l’instant présent, l’objet créé par l’homme, mais sans présence humaine (de fait, quasiment absente de ses prises de vue), la photo d’art et l’image télévisuelle, la texture et l’immatériel, la matière et la pensée, le référent présent grâce à l’acte photographique et l’abstraction mathématique quand cette même photographie est traitée numériquement. Il se s’agit pas d’opter pour l’une de ces polarités contre l’autre, de revendiquer un attachement romantique au passé ni de prôner une quelconque supériorité des nouvelles techniques de l’information et de la communication, lesquelles sont lourdes de questions anthropologiques, sociales et politiques. Il s’agit plutôt de mixer tout cela, l’ancien et le contemporain, le réel et le virtuel, pour créer du sens, ou plutôt des sens. De fait, les photographies de Louise Merzeau sont polysémiques : elles montrent plusieurs réalités superposées les unes aux autres, et qui ouvrent à plusieurs lectures.

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- Commençons par la polysémie présente dans l’image elle-même : les montages numériques présentés reposent sur la technique des calques, rendue possible par le logiciel Photoshop qui permet de superposer puis de retravailler trois types de documents :

1. des documents d’archives liés à la création de la faculté de théologie protestante de Paris et au fond Ricoeur ; 2. des photos du 83 boulevard Arago, avant et après sa rénovation ; 3. des cartes postales adressées à Elie Merzeau, le grand-père de l’artiste, qui fut étudiant et résident dans ces lieux en 1907 et 1908, avant de devenir pasteur.

- On passe ensuite facilement de la polysémie de l’image à celle de son interprétation. Mentionnons-en d’emblée trois possibles :

a) une lecture esthétique, qui met en avant les contrastes et complémentarités des formes anciennes renouvelées par l’interpénétration des motifs ; des objets mixés avec des écritures (très présentes dans l’image) ; b) une lecture philosophique (ou anthropologique) : cette mémoire des images n’est que le reflet de la mémoire humaine, tendue entre ces deux extrêmes : tout conserver ou tout effacer, remémorer, réactualiser, ou au contraire oublier ; c) une lecture théologique : le « faire mémoire » ; l’écriture comme lieu de fixation de la pensée ; l’objet en tant que signe, ou comme trace d’une absence qui dit une présence autre ou une autre forme de présence. Ce sont là des thèmes centraux d’une théologie de la Parole fondée sur l’Écriture, qui dit une incarnation au service de la Révélation d’un Dieu d’amour.

C’est cet amour des êtres et des choses, amour d’un instant en quête d’éternité, que l’on trouve aussi dans le geste créateur de Louise Merzeau.

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Raphaël Picon
Doyen, et prof. IPT-Paris (dr.)

Jérôme Cottin, professeur à la faculté de théologie protestante de l’université de Strasbourg et professeur associé à la faculté de théologie protestante de Paris.