Cet ouvrage en 2 volumes cherche à monter en quoi le christianisme dialogue avec la culture, et inversement en quoi la culture est ouverte au christianisme. Il est de fait indéniable que de grandes œuvres artistiques et culturelles furent ouvertes sinon même produites par le christianisme ; un christianisme compris d’abord comme mouvement de pensée et ressort de la création artistique et littéraire.
Sont ici présentés : - un certain nombre d’œuvres et auteurs de la littérature ; - la Bible en tant qu’écrit littéraire spécifique ; - la peinture ; - l’architecture ; - le cinéma ; - la musique ; - les sciences de la nature et de l’homme. Et cela, sur 20 siècles. Autant dire l’ensemble de la culture et de la civilisation occidentales (très peu de place est laissée à des expressions non occidentales de ce dialogue entre christianisme et culture) ! Nous rencontrons là l’une des faiblesses de cet essai : la matière est trop abondante, ce qui oblige les a. à traiter les sujets de manière très sommaire, et à faire des choix arbitraires voire critiquables : parler de l’architecture romane mais pas du gothique ; présenter l’art de l’icône mais ne rien dire sur la Renaissance ; parler de Camus mais pas de Sartre (deux grands athées) ; présenter Rouault mais pas Manessier etc.
L’autre faiblesse de cet ouvrage me semble être dans le choix de la matière retenue : elle reflète plus les intérêts et goûts des auteurs - en général des enseignants - que ceux d’un lecteur que l’on souhaiterait jeune et marqué par la société multiculturelle actuelle (il s’agit d’un ouvrage à vocation éducative et pédagogique). Ce décalage me semble être particulièrement marquant dans la peinture (aucun exemple d’un art contemporain-actuel), dans le cinéma et dans la musique.
Pourquoi n’avoir pas accordé plus de place aux Negro Spirituals ? Fallait-il présenter le film hautement problématique de Mel Gibson sur Jésus, alors que les grands classiques (Zefirelli, Arcand) ne sont pas mentionnés ? Le religieux au cinéma se limite-t-il aux films sur Jésus ? Dans les chansons populaires, pourquoi avoir oublié Renaud, si marqué par une vision chrétienne - et anarchiste - de la société ? Messiaen est-il vraiment le musicien du 20e siècle qui parle le plus aux jeunes ? Barbara, Brel et Brassens ne sont-ils pas les témoins de la culture des années 1960 et non ceux d’aujourd’hui ?
Ces critiques étant faites, il faut rajouter que les pages sont rédigées de manière claire et pédagogique avec, pour chaque auteur traité, une introduction biographique, un développement thématique, quelques citations ou choix de textes de l’auteur présenté.
