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Bibliothèque (1990-2017)

L’art au défi de l’espérance

catalogue de l’exposition à la mairie de Paris (6e arrondissement).

L’exposition a eu lieu du 17 janvier au 2 février 2013

On doit cette exposition et le catalogue qui s’y réfère à l’initiative du groupe "Spiritualité et Arts", avec qui nous entretenons des liens de collaboration et de sympathie.

Voilà une belle réalisation, et celui qui (comme moi) n’a pas pu voir l’exposition, aura une bonne idée des œuvres présentées, grâce à cette belle publication (même si toutes les œuvres de l’exposition ne se trouvent apparemment pas dans le catalogue).

Le thème de cette exposition est l’espérance, abordée à partir de la figure biblique de Job (ce qui est moins paradoxal qu’il n’y parait au premier abord, voir la fin du livre de Job 42,5 : "Je ne te connaissais que par ouï-dire, maintenant mes yeux t’ont vu").

On ne comprend pas pourquoi "Job", annoncé comme titre de la publication, ne se trouve finalement pas sur le titre du catalogue. On le regrette, cela aurait donné plus de relief au mot passe partout d’ "espérance". Heureusement, le contenu de l’exposition est plus explicitement consacrée à Job, du moins pour la plupart des artistes, ainsi que pour un certain nombre d’articles consacrés à la figure de l’homme souffrant (l’article sur le livre biblique de Job, aurait pu être un peu plus développé, mais on se réjouira que quelques extraits bibliques s’y trouvent).

19 artistes (Alberola, Benzaken, Bioulès, Buraglio, Cerino, Cognée, Couturier, Daviot, Dubuisson, Giorda, Kirili, Lapie, Lioté, Mehadji, Michel, Oulab, Pia, Renaud, Toma) ont été sélectionnés, et présentent une œuvre autour de ce thème. Certains de ces artistes ont une notoriété certaine. On appréciera que plusieurs artistes, au croisement des deux traditions, chrétienne et musulmane, européenne et magrébine, - de même que des artistes de tradition juive - aient abordé ce thème (l’espérance malgré le mal absolu) et cette figure biblique . Nous sommes donc en plein climat de dialogue interreligieux. C’est une démarche d’ouverture qui est à souligner : l’art comme vecteur de rencontres et dialogues entre les spiritualités et les religions.

Plusieurs œuvres ont retenu notre attention : "Infini", l’anneau en néon lumineux et en forme du signe de l’infini, d’Eric Michel ; l’installation (connue) d’Alberola, "L’espérance a un fil" (aussi en écriture de néon), et l’installation "M’aimes-tu ?" de Yazid Oulab, dont la parole fait indirectement référence à l’expérience de Job et plus directement à la question de Jésus à Simon-Pierre (Jean 20,19-20).

Je ne vois pas très bien ce que vient faire l’œuvre de Sylvain Dubuisson, Epiphanies dans ce cadre, mais comme je l’apprécie et la connais, je suis content de la retrouver ici. Le titre aurait dû indiquer qu’il s’agit du 6e arrondissement de Paris (tout le monde n’est pas parisien, et parmi les non parisiens, je suppose qu’il se trouvera de nombreux lecteurs de cette revue/de cet ouvrage.

Jérôme Cottin